Ce sont justement les femmes, les mères et les grands-mères qui savent ce que la neutralité signifie au fond. Nos grands-mamans ont encore vécu les privations de la Seconde Guerre mondiale.
Elles ont appris que la Suisse doit se défendre elle-même et ne doit jamais s’immiscer dans des conflits étrangers. C’est uniquement grâce à cette attitude cohérente et à une défense forte que notre pays a été épargné par la guerre.
La neutralité est parfaitement compatible avec le quotidien. Elle signifie l’impartialité et la non-ingérence, dans les petites comme dans les grandes choses – que ce soit comme médiatrice à la table de la cuisine, entre voisins ou dans la vie associative.
Cette attitude est dans l’ADN des femmes ; la neutralité est, en quelque sorte, la mère de la Suisse. Elle incarne une véritable force et est profondément enracinée dans notre culture.
L’Initiative pour la neutralité exige notamment une interdiction largement étendue des sanctions. – keystone
Elle nous enjoint de rester à l’écart des conflits armés entre États. Ce n’est qu’ainsi que nous préservons notre indépendance, assurons notre crédibilité en tant que médiatrice et garantissons, à long terme, la paix et la sécurité.
Une adhésion à des alliances militaires n’entre pas en ligne de compte, car elle réduirait notre souveraineté. En tant que tache blanche sur la carte de l’Europe, nous conservons l’acceptation nécessaire pour mener avec succès une médiation dans le monde entier.
Les sanctions économiques frappent souvent les mauvaises personnes et prolongent la souffrance, car elles durcissent les fronts. À la place, nous devons intervenir tôt par la voie diplomatique et amener les parties au conflit à la table des négociations. Parler est toujours plus sage que tirer.
La neutralité suisse est choisie, permanente et armée. Pilier de notre politique étrangère et de notre identité, elle bénéficie depuis plus de 200 ans d’un large soutien au sein de la population.
Aujourd’hui, ce modèle éprouvé est toutefois de plus en plus vidé de sa substance. Nous devons corriger cela : envoyons à nouveau les bons signaux avec un OUI clair.
Exiger la neutralité est inconfortable. Cela demande du doigté diplomatique pour conduire des parties ennemies sur le chemin de la paix.
Ce n’est pas une tâche facile, mais c’est ce qui apporte le plus grand bénéfice au monde entier – et à notre Suisse – si nous protégeons maintenant la neutralité conséquente par un oui.